
Mozambique : enquête de Forbidden Stories sur la mort d'un blogueur
Le consortium de journalistes Forbidden Stories a mené une investigation technique sur le meurtre du blogueur Albino Sibia, connu sous le nom de Mano Shottas. Ce dernier a été tué fin 2024 au Mozambique alors qu'il retransmettait une manifestation en direct.
L’essentiel
- Mano Shottas a été tué fin 2024 alors qu'il diffusait en direct une manifestation au Mozambique.
- Une expertise acoustique et balistique situe l'origine des tirs dans la zone où se trouvaient les policiers.
- Aucune enquête officielle n'a été ouverte malgré le dépôt d'une plainte contre l'État.
Dans le cadre de son projet d'investigation sur les entraves à la presse, l'organisation Forbidden Stories est revenue sur le décès du blogueur Albino Sibia, surnommé Mano Shottas, survenu à la fin de l'année 2024 au Mozambique, indique RFI. Le jeune homme couvrait alors un rassemblement dénonçant la pollution générée par le transport de minerai de chrome près de la frontière sud-africaine.
Le blogueur transmettait les événements en direct sur le réseau social Facebook au moment des faits. Sur l'enregistrement vidéo se succèdent des tirs et l'usage de gaz lacrymogènes, avant que l'écran ne devienne noir puis ne montre le visage de la victime blessée au sol. Avant d'être mortellement touché, Albino Sibia a déclaré à l'antenne : « On m'a tiré dessus et ils continuent de tirer ».
Une expertise balistique pointant vers les forces de l'ordre
Afin d'établir les circonstances précises du drame, le journaliste Alexander Abdelilah a procédé à une géolocalisation de la victime et des agents de police présents sur les lieux. L'analyse des bandes sonores, confiée à un expert en balistique et en acoustique, a permis de déterminer l'origine probable des coups de feu.
Selon ces analyses, les tirs mortels proviendraient de la zone occupée par les forces policières au moment du drame. Malgré la gravité des faits et le dépôt d'une plainte visant les autorités étatiques, aucune enquête officielle n'a été ouverte à ce jour par les institutions mozambicaines.
Sources : RFI Afrique


