Samedi 7 novembre 2026Alger 11:30
DZ SyntheZeL'Algérie en synthèse, sourcée et recoupée
EN DIRECT
Sahara : convoitises géopolitiques autour du fort de Madama
International

Sahara : convoitises géopolitiques autour du fort de Madama

Photo : John Atherton — CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

Au nord du Niger, le poste isolé de Madama suscite l'intérêt de plusieurs puissances régionales et internationales. Selon les informations de RFI, l'Algérie chercherait à prendre pied sur ce site stratégique désertique, point de passage névralgique également convoité par d'autres acteurs influents dans la zone saharo-sahélienne.

L’essentiel

  • Madama est un fort isolé au nord du Niger, ancien point d'appui militaire français évacué fin 2023.
  • Le site représente l'unique point d'eau sur 400 kilomètres et un carrefour de trafics transsahariens.
  • Selon RFI, Alger envisagerait de s'y implanter face aux convoitises de Khalifa Haftar et de la Russie.
  • Les Toubous contrôlent historiquement les passages terrestres au sein de cette zone désertique.

Un verrou stratégique au cœur du désert

Situé à quelque 400 kilomètres de toute agglomération dans le nord nigérien, l'ancien fort militaire de Madama représente un point d'eau unique et un couloir géographique incontournable entre les reliefs du Djado et les dunes de Bilma. Autrefois occupé par l'armée française jusqu'à son départ en décembre 2023, ce site inhabité cristallise désormais de fortes rivalités territoriales et sécuritaires.

Selon une analyse diffusée par le média RFI, cette position commande les principaux flux transfrontaliers reliant le Sahel et l'Afrique du Nord. Les circulations de l'or issu du Tibesti, l'essence libyenne vers Agadez, les corridors migratoires ou encore les tracés potentiels du futur gazoduc nigérian convergent vers ce carrefour désertique d'une valeur géostratégique majeure.

Une compétition d'influences régionales

Toujours d'après les éléments rapportés par RFI, l'Algérie envisagerait d'établir une présence sur place dans le cadre de sa doctrine faisant du Sahara une composante de sa profondeur stratégique. Ce positionnement intervient après plus de six décennies sans déploiement militaire direct dans cette zone.

La manœuvre s'inscrirait toutefois dans un équilibre précaire marqué par la présence d'autres forces. Depuis Al-Wigh, à environ 260 kilomètres au nord, le maréchal libyen Khalifa Haftar considère ce secteur comme dépendant de ses intérêts. Parallèlement, la Russie a déployé près de deux cents hommes d'Africa Corps auprès du pouvoir nigérien dirigé par le général Tiani, avec l'objectif de sécuriser l'axe vers la Libye. Sur le terrain, les membres de la communauté touboue demeurent les acteurs incontournables du contrôle des flux terrestres.

Sources : RFI Afrique

À lire aussi